L’Atelier: de l’art plastique et de la danse

La compagnie Bouge de là présente un spectacle amusant et familial au Théâtre du Nouvel-Ontario, le samedi 16 novembre à 11 h et à 14 h. La pièce de théâtre L’Atelier vise stimuler l’imagination et la curiosité de son public ainsi que transmettre le plaisir du mouvement. Gabriela Garcia a discuté avec Hélène Langevin, la chorégraphe du spectacle qui a tourné partout au Canada et qui fascine petits et grands.

Gabriela Garcia : L’Atelier est un spectacle qui combine différents types d’art, pouvez-vous expliquer comment ça fonctionne et quelle est l’histoire qu’on y raconte?

Hélène Langevin : L’Atelier est la rencontre entre les arts plastiques et la danse. Je fais danser la peinture moderne du XXe siècle et aussi des tableaux. L’histoire, c’est qu’on suit la peinture et les courants d’art. On fait un voyage en 3D en utilisant la danse, la vidéo, la lumière et d’autres outils. Premièrement, sur scène, il y a des projections de toiles mais le public n’a pas besoin de connaître le peintre pour faire le rapprochement. Alors, la ligne que fait le corps c’est la ligne qu’il y a aussi dans la peinture. Je fais un rapprochement entre la ligne ou la forme du corps et la ligne du tableau. Ensuite, on change de tableau et de peinture et la peinture prend un autre ton et c’est une autre danse. Je peux arriver sur une toile abstraite, par exemple, comme celle de Sonia Delaunay qui a des cercles, où les danseurs vont faire une danse plus abstraite avec des mouvements circulaires par le corps en duo ou par équipe dans l’espace. Puis, on change à Jean Dubuffet et son art est l’art brut. Alors, c’est de l’art naïf donc j’ai sorti deux personnages du tableau et je les fais danser et parler. Je leur donne un traitement de bande dessinée. Par la suite, on peut tomber dans Jackson Pollock, et avec lui c’est « l’action painting ». Ils lancent la peinture avec des sceaux, avec des tours et parallèlement il y a une vidéo qui capte le mouvement et qui, grâce à l’algorithme de notre logiciel, transpose ce mouvement intercepté par la caméra et le projette avec des formes, des couleurs ou textures différentes. Le corps devient un pinceau et on crée des toiles en direct avec le corps. Le spectacle entre dans les courants d’art et toute la scène devient un tableau vivant. On fait du collage et on construit des objets.

G. G. : Le spectacle s’adresse aux jeunes, mais quelle est la réaction du public face à l’utilisation de toutes ces formes d’expression?

H.L. : Les gens sont toujours surpris par la qualité et L’Atelier touche à tout le monde, autant les garçons que les filles. Les enfants de 2 ans adorent le spectacle parce que tout bouge : la lumière, les costumes et les accessoires. Les adolescents sont attirés aussi par la technologie qu’on utilise et les adultes l’aiment aussi parce qu’ils comprennent la danse moderne.

G.G. : Est-ce qu’on a besoin d’avoir une connaissance de l’art pour pouvoir comprendre ce spectacle?

H.L. : Ceux qui connaissent l’art vont trouver beaucoup de références, mais ce n’est pas grave si on ne la connaît pas. Ceux qui ne connaissent pas la peinture vont faire un voyage et vont regarder la peinture d’une autre façon maintenant.

G.G. : Vous faites un parcours par les courants de la peinture du XXe siècle, quelle était votre inspiration pour choisir ces courants?

H.L. : Toutes mes autres pièces, j’étais le fil conducteur, ce qui biaisait mon travail. Par exemple, Vieux Thomas et la petite fée (2008) ont un ton impressionniste et puis j’ai fait un travail sur la nuit et sur le rêve, alors pour moi, c’était surréaliste et j’ai monté mes danses d’une façon surréaliste. À force de travailler avec les arts visuels, je me suis demandé pourquoi je ne fais pas un spectacle sur toute la peinture. J’ai fait une recherche sur les toiles et mon discours a évolué à mesure que je faisais ma recherche. C’est sûr que pour les peintres le corps est toujours la muse donc c’est facile pour la danse de trouver des repères, et ce que je montre est le ton de la peinture.

G.G. : Pourquoi c’est important de faire découvrir l’art et la danse aux enfants?

H.L : Il y a dix ans, il n’y avait pas de spectacle pour le jeune public. Il y avait du théâtre, mais la danse c’est nouveau. Les enfants sont près de la danse et ils l’adorent. Donc je voulais créer un spectacle qui stimulait le mouvement chez les enfants. Mon but premier est de leur donner un « input » et d’encourager la créativité parce qu’à cause d’Internet et les jeux électroniques, les jeunes sont de moins en moins dans leur corps et c’est important de les faire jouer et créer avec la matière pour le développement de l’esprit.

 


                                                                                                                              

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La salle des nouvelles est le laboratoire des étudiants du programme d'études journalistiques de l'Université de Sudbury.
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